Bouteille symbolisant les émotions accumulées et l'importance de prendre soin de soi en apprenant à libérer régulièrement sa charge émotionnelle.

Quand avez-vous vidé votre bouteille pour la dernière fois ?

En 1982, Bernard This publiait La Requête des enfants à naître. Émotions accumulées Dans cet ouvrage, il choisissait de prêter sa voix à ceux qui ne pouvaient pas encore parler. Aujourd’hui, sans aucune prétention de comparaison, j’ai envie de faire la même chose avec quelque chose que nous entendons de moins en moins. Nos émotions.…


En 1982, Bernard This publiait La Requête des enfants à naître. Émotions accumulées

Dans cet ouvrage, il choisissait de prêter sa voix à ceux qui ne pouvaient pas encore parler.

Aujourd’hui, sans aucune prétention de comparaison, j’ai envie de faire la même chose avec quelque chose que nous entendons de moins en moins.

Nos émotions.

Parce qu’elles parlent.

Elles parlent même en permanence.

Mais nous avons appris à les faire taire.

À les repousser.

À les minimiser.

À les enfouir sous les obligations, les responsabilités, les emplois du temps et les injonctions à tenir bon.

Alors aujourd’hui, je vais essayer de leur prêter ma plume.

Et si elles pouvaient s’exprimer, je crois qu’elles commenceraient probablement par une question toute simple :

 

Quand avez-vous vidé votre bouteille pour la dernière fois ?

 

Bouteille qui se vide devant un signal d'alerte rouge illustrant l'accumulation des émotions, de la charge mentale et du stress au quotidien.
Les émotions accumulées finissent par remplir notre bouteille intérieure. Les écouter régulièrement permet d’éviter le débordement.

 

 

Nous avons quelque chose à vous dire.

Quelque chose que nous essayons de vous dire depuis longtemps.

Nous sommes vos émotions.

La peur.

La colère.

La tristesse.

La frustration.

L’inquiétude.

La joie aussi.

Car oui, nous faisons toutes partie de la même famille.

Nous ne sommes pas vos ennemies.

Nous ne sommes pas des défauts de fabrication.

Nous ne sommes pas là pour vous compliquer la vie.

Nous sommes des messagères.

Et pourtant, que faites-vous de nous ?

Vous nous ignorez.

Vous nous repoussez.

Vous nous faites taire.

Vous nous enfermez dans un coin de votre tête en espérant que nous disparaîtrons.

Mais nous ne disparaissons pas.

Jamais.

 

Nous vous observons.

Vous mangez sainement.

Vous faites du sport.

Vous essayez de mieux dormir.

Vous buvez de l’eau.

Vous prenez des compléments alimentaires.

Vous faites parfois de la cohérence cardiaque.

Vous vous informez.

Vous vous organisez.

Vous faites de votre mieux.

Et sincèrement ?

Nous trouvons cela formidable.

Mais nous avons parfois envie de vous crier :

 

« Et nous alors ? »

 

Parce que pendant que vous prenez soin de votre corps, qui prend soin de ce qui se passe à l’intérieur ?

Qui écoute les inquiétudes que vous accumulez ?

Qui accueille les frustrations que vous ravalez ?

Qui regarde les colères que vous avalez ?

Qui entend les peurs que vous cachez ?

Qui prend le temps d’écouter les tristesses que vous essayez d’oublier ?

 

Femme adoptant une bonne hygiène de vie mais dont la charge émotionnelle continue de s'accumuler, illustrée par une bouteille qui se remplit et un thermomètre émotionnel qui monte.
Manger sainement, bouger, dormir et s’organiser sont essentiels. Mais prendre soin de ses émotions l’est tout autant.

 

Nous savons que vous nous évitez.

Nous savons pourquoi.

Parce que nous sommes inconfortables.

Parce que nous faisons parfois mal.

Parce que certaines d’entre nous transportent de vieux souvenirs.

Parce que nous pouvons faire remonter des questions auxquelles vous n’avez pas envie de répondre.

Alors vous adoptez ce que votre auteure appelle la politique de l’autruche.

Vous enfouissez.

Vous évitez.

Vous contournez.

Vous reportez.

Vous faites semblant de ne pas voir.

Mais ne pas regarder ne fait pas disparaître.

Ne pas écouter ne fait pas disparaître.

Ne pas ressentir ne fait pas disparaître.

Nous restons là.

À attendre.

 

Illustration d'une autruche la tête dans le sol devant un château qui s'effondre, symbolisant les émotions ignorées, la charge mentale accumulée et les conséquences du déni émotionnel.
Ignorer une émotion ne la fait pas disparaître. Comme des fondations fragilisées, les tensions accumulées finissent par affecter l’ensemble de l’équilibre.

 

Imaginez un château.

Magnifique.

Solide.

Impressionnant.

Vous entretenez les murs.

Vous nettoyez les fenêtres.

Vous réparez le toit.

Vous repeignez les portes.

Tout semble parfait.

Mais sous terre ?

Les fondations se fissurent.

Et personne ne regarde.

Puis un jour, le château s’effondre.

Pas parce que les murs étaient mauvais.

Pas parce que le toit était fragile.

Parce que les fondations étaient ignorées.

Nous sommes une partie de ces fondations.

Et nous aimerions vous rappeler quelque chose :

 

On peut penser faire « tout comme il faut »… mais si on ne s’occupe pas des fondations, le château s’effondre.

 

 

Et puis il y a cette bouteille.

Cette fameuse bouteille.

Chaque journée y dépose quelques gouttes.

Une inquiétude.

Une contrariété.

Une déception.

Une charge mentale supplémentaire.

Un non-dit.

Une peur.

Une frustration.

Une fatigue.

Quelques gouttes.

Puis quelques autres.

Et encore quelques autres.

Le problème n’est pas la goutte.

Le problème, c’est la bouteille déjà pleine.

Quand elle déborde, vous appelez cela :

une crise,

une dispute,

un burn-out,

une dépression,

une attaque de panique,

un craquage.

Mais souvent, le débordement avait commencé bien avant.

 

Machine à laver émotionnelle symbolisant le nettoyage des émotions accumulées comme la charge mentale, les non-dits, les inquiétudes, les peurs, les angoisses et les colères.
Les émotions ne demandent pas toujours à être supprimées. Elles demandent parfois simplement à être écoutées, exprimées et remises en mouvement.

 

Alors nous avons une proposition.

Au lieu d’attendre le débordement, pourquoi ne pas nous écouter régulièrement ?

Pourquoi ne pas vider un peu la bouteille avant qu’elle ne déborde ?

Pas parce que tout va mal.

Pas parce que vous êtes au bord de l’explosion.

Par entretien.

Comme vous entretenez votre voiture.

Comme vous entretenez votre maison.

Comme vous entretenez votre jardin.

Nous avons besoin d’espace.

Nous avons besoin de mouvement.

Nous avons besoin d’être entendues.

Parfois cela passe par une marche.

Parfois par quelques lignes dans un carnet.

Parfois par une conversation.

Parfois par la respiration.

Parfois par la danse.

Parfois par le shaking.

Parfois simplement par quelques minutes de silence.

Et parfois…

Par des larmes.

 

Oui.

Parlons-en.

Parce que vous nous craignez souvent davantage lorsque nous prenons la forme de larmes.

Vous pensez que pleurer est un signe de faiblesse.

Vous pensez que pleurer signifie perdre le contrôle.

Vous pensez que pleurer est quelque chose qu’il faut éviter.

Alors vous serrez les dents.

Vous retenez.

Vous bloquez.

Vous verrouillez.

Mais nous ne sommes pas dangereuses.

Nous essayons simplement de sortir.

Comme la vapeur d’une cocotte-minute.

Comme l’eau derrière un barrage.

Comme l’air dans un ballon trop gonflé.

Le problème n’est pas la sortie.

Le problème est l’accumulation.

Pleurer ne règle pas tout.

Pleurer ne résout pas les problèmes.

Mais pleurer permet parfois de déposer un poids devenu trop lourd.

De remettre du mouvement là où tout était figé.

De retrouver un peu de clarté.

De retrouver un peu d’espace.

 

Illustration montrant une bouteille vidée et plusieurs actions de bien-être émotionnel comme marcher, écrire, parler, respirer, danser ou pleurer pour favoriser la libération des émotions.
Marcher, écrire, respirer, parler, bouger ou pleurer : autant de façons de remettre les émotions en mouvement avant qu’elles ne débordent.

 

Alors aujourd’hui, nous aimerions vous laisser avec une dernière idée.

Prendre soin de soi ne consiste pas uniquement à bien manger.

Ni uniquement à bien dormir.

Ni uniquement à faire du sport.

Ni uniquement à prendre les bons compléments alimentaires.

Tout cela compte.

Mais tout cela ne remplace pas l’écoute de soi.

Parce qu’au fond, prendre soin de soi, ce n’est pas seulement remplir sa bouteille.

C’est aussi apprendre à la vider régulièrement.

Avant qu’elle ne déborde.

— Vos émotions.

 

Biblio :

This B. La Requête des enfants à naître. Paris : Éditions du Seuil, 1982.


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